| Thyrse | Tirse | Tirso |
| Porphyre | Porfire | Porfirio |
| Nymphe | Nimfe, Ninfe[53] | Ninfa |
| Zéphyr | Zéfir | Zèfiro Zèffiro |
| Saphique | Safique | Saffico |
| Symphyse | Sinfise, Simfise | Sinfisi |
| Sympathique | Sinpatique | Simpatico |
| Typographie | Tipografie | Tipografia |
| Orthographe | Ortografe[54] | Ortografia |
| Esthétique | Estétique | Estetica |
| Technique | Tecnique | Tecnico |
| Thrasybule | Trasibule | |
| Typhon | Tifon | Tifone |
| Polythéisme | Politéisme | Politeismo |
| Philosophie | Filosofie | Filosofia |
| Phosphore | Fosfore | Fosforo |
| Phtisie | Tisie | Tisi |
| Gymnosophiste | Gimnosofiste | Ginnosofista |
| Hydrophobie | Hidrofobie[55] | Idrofobia |
| Hydrothérapie | Hidrotérapie | Idroterapia |
| Ichthyophage | Ictiofage | Ittiofago |
| Isthme | Isme | Ismo |
| Asthme | Asme | Asma |
| Kilogramme | Quilogramme | Chilogrammo[56] |
| Lycanthropie | Licantropie | Licantropia |
| Métaphysique | Métafisique | Metafisica |
| Mythologie | Mitologie | Mitologia |
| Ophthalmie | Oftalmie | Oftalmia |
| Autochtone | Autoctone | Autoctono |
| Chlorose | Clorose | Clorosi |
| Chrysanthème | Crisantème | Crisantemo |
| Christianisme | Cristianisme | Cristianismo |
| Cynocéphale | Cinocéfale | Cinocefalo |
| Syllabe | Sillabe | Sillaba |
| Dithyrambe | Ditirambe | Ditirambo |
| Ecchymose | Equimose | Ecchimosi |
| Euphrosyne | Eufrosine | Eufrosina |
| Phrase | Frase | Frase |
| Thym | Tym[57] | Timo |
[53] On peut conserver l’m. Voir la [note 57].
[54] Les phonétistes emploient le mot grafie.
[55] On peut conserver l’h initiale de ces mots commençant en grec par ὑ, non par respect pour le grec, mais pour varier les formes.
[56] Ch italien équivaut à notre qu (dans qualité).
[57] L’y n’est pas inutile dans ces mots très courts dont il consolide la forme un peu frêle. Il était indispensable à lys, qu’il faut toujours écrire ainsi, quoiqu’il vienne régulièrement du bas latin lilius. Nymfe peut aussi garder son y, et aussi Tyrse.
On voit qu’il s’agit seulement de franciser des mots insolites, de les achever au moyen de retouches, de les polir par le sacrifice de quelques excroissances. Il y a loin de ces petits travaux de jardinage au bouleversement entrepris par certains réformateurs que l’ignorance du vieux français rend tout à fait impropres à concilier la beauté traditionnelle avec la beauté d’utilité. Le mot étant un signe, et rien de plus, doit avoir les caractères du signe, la diversité et la fixité des formes. Sans doute on peut écrire poto, rato, gato, morso, nivo, sous prétexte que dans ces mots le son final est rendu plus nettement et plus clairement par o que par eau. Dans l’absolu, c’est vrai ; mais les langues ne sont pas dans l’absolu, puisqu’elles vivent, se meuvent, s’accroissent, meurent.
Il y a dans les langues une beauté visible que l’on diminue en introduisant dans la cité verbale des figures étrangères, des voix dissonantes. Les mots grecs : il semble que, vomis par les cartons de Flaxman, des guerriers vêtus d’un seul casque à balai fassent la cour à des marquises ou à des grisettes ; qu’ils rentrent dans leurs cartons, qu’ils réintègrent leurs musées et continuent, rouges autour des vases noirs, leurs éternels gestes, ou que, résignés à la loi du milieu, ils se fassent, par le costume et par l’accent, les fils du peuple où ils se sont introduits. Mais cette beauté du vocabulaire, on ne la diminue pas moins en proscrivant la variété individuelle dans la permanence du type, et c’est là l’erreur des phonétistes[58] et le danger de leurs théories. Si, pour ne pas changer d’exemple, tous les sons en o étaient rendus par l’unique lettre o, outre que la langue perdrait un de ses caractères particuliers qui est de ne posséder aucune syllabe finale terminée par un o, il en résulterait une monotonie insupportable. Il faut encore observer que le signe eau contient une force secrète rigoureusement attachée au groupe des trois lettres qui le déterminent ; il représente à la fois le son o et le son el[59]. Niveau est, tout aussi bien que l’italien livello, la figure exacte du latin libella ; il a été nivel, et, comme tel, a donné niveler ; mais sa forme niveau l’aurait donné tout aussi bien, comme taureau a suggéré récemment taurelle.
[58] Il ne s’agit pas des savants qui étudient la phonétique.
[59] Sauf exception.