[50] Voir la [note 44].

Remplacer ph par f : la réforme est faite pour fantôme, fantaisie ; elle s’appliquera à tous les mots analogues avec la même facilité. Les y deviendront très aisément des i, et l’on écrira sinfonie, sinonime, stile, comme on écrit déjà cimaise.

J’ose à peine dire que kilo, kyste deviendraient français sous la forme quiste, quilot ; cela est trop évident et trop simple pour qu’on l’admette. Peut-être redoutera-t-on pareillement d’écrire arquiépiscopal. Devant a, o, u, le qu deviendrait naturellement c : arcange.

Voilà toutes mes propositions touchant la réforme des mots grecs. J’estime qu’en diminuant la laideur de ces mots elles augmenteraient d’autant la beauté de la langue française[51].

[51] Sur le principe même des modifications orthographiques, se reporter à la [Préface].

Quel rajeunissement pour ces vocables barbares (j’en nommerai quarante) d’avoir été taillés comme des vieux arbres trop chargés de bois mort ! Souvent il suffira d’une lettre de moins pour que le mot rentre dans les conditions normales de la beauté linguistique. Sans doute aucun élagage, si rigoureux qu’il soit, ne donnera aux mots grecs la pureté de lignes qu’ils auraient acquise en passant par la forge populaire. De φυλακτηριον nous ne pouvons plus faire sortir que filactère, qui garde un air un peu gauche, surtout si on le compare au vieux filatire[52] que le pèlerin Richard avait au XIIe siècle tiré des mêmes syllabes :

A crois, a filatires, a estavels de cire,

Les encensiers aportent, si vont le messe dire.

[52] Reliquaire, venu de l’idée de préservation. De la même idée le gréco-français a fabriqué prophylaxie.

Voici des mots, avec leur état en italien :