[122] Ou du moins il est devenu rie, la finale ie s’ajoutant presque toujours à l’infinitif du verbe.

Il y a des mots en de deux sortes : ceux qui viennent directement du latin, fierté, de feritatem, chrétienté, de christianitatem ; et ceux où est précédé d’un e et qui semblent des formations analogiques postérieures au moyen de l’adjectif féminin. Sauf exceptions, puisque puritatem a donné pureté ; chrétienneté n’est pas plus extraordinaire, mais il est inutile.

Nage. Consulte. Purge.

Nage, pour natation ; consulte, pour consultation ; purge, pour purgation : il suffit d’écrire ces mots successivement pour rejeter les mauvais, — ceux qui sont en usage. Ce sont des substantifs verbaux, comme il y en a des milliers en français. Purge est d’ailleurs resté comme terme de droit et nage vit dans une locution.

Se revenger. Rancuneux. Enchanteuse. Corrompeur.

Pour n’être pas admis par les arbitres, ces mots n’en sont pas moins de bonnes formes françaises.

Venger appelle revenger.

Rancuneux fait penser à la querelle du XVIIe siècle sur matineux et matinier, à propos du sonnet de la « Belle Matineuse ».

Enchanteuse, qui était inévitable, n’est pas déplaisant. Quant à la logique des féminins attribués aux mots en eur, il suffit de citer cantatrice, enchanteresse et chanteuse pour montrer que, dans cet ordre de finales, la langue se permet toutes ses fantaisies.

Corrompeur, rapproché de corrompu, est très logique.