Farce. Flegme[126].

[126] Flegme est d’un langage bien académique. Il y a longtemps que le peuple, avec raison, dit flemme, flemmard, etc. On trouve flemme et fleume, au XVIe siècle.

Ces mots sont devenus des adjectifs parmi le peuple. Rien de plus normal. Il en est de même de colère. J’ai entendu cette phrase : « Vous avez agi d’une façon cruche. » Le substantif qui implique une idée de qualité, de manière d’être, tend naturellement à devenir un adjectif ; c’est le passage du particulier au général. L’inverse est tout aussi fréquent ; une idée générale de qualité se particularise en substantif : de là des mots comme baudet, renard, qui signifiaient d’abord, gai et rusé. Pour expliquer cruche, il suffit de citer bête, butor, andouille, brute, pioche, daim, tourte, jocrisse, mots qui, avant d’être à la fois des adjectifs et des substantifs, furent d’abord exclusivement des substantifs.

Dompeteur.

Cette prononciation absurde est un des méfaits de l’orthographe enseignée à des enfants du peuple. On ne sait d’ailleurs où des humanistes ont pris le p dont ils ornèrent ce mot. L’ancienne langue disait donter, ce qui représente le latin domitare.

Le cheval à mon père.

C’est une des tristesses des grammairiens que, malgré leurs objurgations, on continue à marquer la possession par à aussi bien que par de. « Ce chien est à moi, dirent des enfants. » Ils autorisent : ce cheval est à mon père ; ils défendent : le cheval à mon père. Hélas ! cette faute remonte exactement au Ve siècle, puisqu’on lit sur un marbre de cette époque membra ad duos fratres, pour membra duorum fratrum[127]. Voilà un solécisme qui a de belles lettres de noblesse.

[127] Le Blant, Epigraphie.

Mésentendu.

Prohibé par les grammairiens, quoique excellent, de même que mésaventure, mésestime, et d’autres.