ne forme pas une phrase « indéchirable », au triple point de vue grammatical, rythmique et sémantique ? Et le
Oui
ici purement proclitique et lié au verbe dont il renforce le sens, « oui — je — viens », par quel moyen lui donnerons-nous une valeur, s’il reste seul, séparé de l’acte qu’il affirme ? En somme ce vers n’est qu’un seul mot, —
Oui — je — viens — dans — son — temple — adorer — l’Éternel
car il est un vers, et s’il n’était pas un seul mot, il ne serait pas un vers.
Et voilà ce qui est le vers : un mot.
Dans ce mot de six, huit, douze syllabes, la césure n’est que l’accent inhérent à un mot. L’accent reste fixe ou se déplace selon des règles qui n’ont jamais été étudiées, mais que le poète applique inconsciemment. Dans l’alexandrin ancien, l’accent est toujours en principe à la sixième syllabe ; et, si cet accent principal doit être déplacé, si l’affirmation de la pensée exige un temps fort avant ou après la sixième syllabe, cette sixième syllabe garde néanmoins un accent second. Dans le vers classique, ce déplacement n’est pas très rare :
Mais vous || qui me parlez | d’une voix menaçante
(Iphigénie)
Vous ne répondez point | mon fils || mon propre fils