Moi aussi, je baissai les yeux, dévorant en mon âme la joie maudite des occultes compromissions.
Elle offrit sa grâce au baiser du vieillard, et, les deux mains sur ses épaules, elle lui souriait.
Edith souriait tristement.
Le consentement de toute la race tomba, comme une bénédiction, sur le front de la fiancée.
J'étais près d'eux: le grand voile flottait autour de ma tête, car le vent d'une fenêtre ouverte l'avait gonflé, et il me sembla qu'un souffle de passion nous envolait, Edith et moi, la pâle, la blonde Edith et moi, vers le paradis des amants parjures.
Revenue aux côtés de sa mère, elle fixa un instant sur moi ses yeux assombris, puis, brusquement, sous le tulle déroulé, se déroba toute,—à jamais!
L'ironie des cruels syringas entra par la fenêtre ouverte.
Elle fut mariée.
Pendant la cérémonie, il me plut de répondre tout bas: oui! à l'interrogatoire du prêtre, et je courbai la tête quand les mains sacerdotales s'étendirent pour ratifier, au nom du Très-Haut, le serment sacré des deux époux.
Alors, me remémorant de vieilles études théologiques, je songeai qu'en tout sacrement il y a la matière et la forme, l'essence et le mode imposé par les rites pour en dispenser aux fidèles les bienfaits mystiques: et dans le mariage, la forme, ce n'est pas la bénédiction de l'officiant, ce n'est pas la messe, c'est le consentement mutuel,—et cela seul.