«Va, femme d'un autre, bien que le monde doive me refuser les joies, après tout bien dérisoires, de la possession, de ce qu'il appelle la possession,—en vérité, tu m'appartiens. Notre Dieu connaît notre mutuelle volonté, et cela suffit—cela seul.»
Et je me réjouissais amèrement, car le prêtre disait: «Qu'elle soit uniquement attachée à son mari et qu'elle ne souille d'aucun commerce illégitime le lit nuptial…»
Je partis, tel qu'un voleur.
Les merles ne chantaient pas encore au faîte des lourds marronniers et les cruels syringas dormaient enfin,—fanés, aussi fanés que les souvenirs des jeunes concupiscences…
LE SECRET DE DON JUAN
… Et simulacra modis pallentia miris.
(Georg., I, 477.)
I
D'âme nulle et de chair avide, Don Juan, dès l'adolescence, se prépara à l'accomplissement de sa vocation et de son rôle légendaire. La prescience des habiles lui révéla ce qu'il devait être, et il entra dans la carrière armé et orné de cette devise:
«Pour plaire, il faut prendre ce qui plaît à celles qui plaisent.»
A une défaillante blonde, il prit le geste de comprimer d'une main adroite le douloureux battement d'un cœur absent;