Et voici comment raisonne Pollux:

«L'arbre n'existe que parce que je le pense; pour la pensée hypothétique que je pressens et que je veux bien admettre, douloureusement, au-delà de mon domaine, je suis une sorte d'arbre et je n'existe qu'autant que cette pensée me pense...»

Il se reprend:

«Pourtant, je suis,—et absolument[79]

Note 79: [(retour) ]

Dans le sens de Fichte, que le moi est virtuellement toute réalité,—toujours jusqu'à preuve du contraire.

Il réfléchit et continue:

«Oui, mais Homunculus ne dit pas autre chose de lui-même; il dit, lui aussi: Je suis,—et absolument. Or, si j'admets mon affirmation, je dois admettre la sienne, mais deux absolus sont contradictoires; ils se nient en s'affirmant; ils s'affirment en se niant.

»Pour être pensé, il faut donc que je me nie moi-même,—mais je retrouverai dans l'autre pensée l'image de ma propre négation renversée et redevenue positive: je vis et je suis en celui qui me pense.»

Voilà pourquoi Pollux partagea son immortalité avec son frère mortel.

CHAPITRE DEUXIÈME
VIE DE RELATION