Sans talent et sans conscience, nul ne représenta sans doute aussi divinement que Verlaine le génie pur et simple de l'animal humain sous ses deux formes humaines: le don du verbe et le don des larmes.

Quand le don du verbe l'abandonne, et qu'en même temps le don des larmes lui est enlevé, il devient ou l'iambiste tapageur et grossier d'Invectives ou l'humble et gauche élégiaque de Chansons pour Elle. Poète, par ses dons mêmes, voué à ne dire heureusement que l'amour, tous les amours, et d'abord celui dont les lèvres ne s'inclinent qu'en rêve sur les étoiles de la robe purificatrice, celui qui fit les Amies fit des cantiques de mois de Marie: et du même coeur, de la même main, du même génie, mais qui les chantera, ô hypocrites! sinon ces mêmes Amies, ce jour-là blanches et voilées de blanc?

Avouer ses péchés d'action ou de rêve n'est pas un péché; nulle confession publique ne peut scandaliser un homme car tous les hommes sont pareils et pareillement tentés; nul ne commet un crime dont son frère ne soit capable. C'est pourquoi les journaux pieux ou d'académie assumèrent en vain la honte d'avoir injurié Verlaine, encore sous les fleurs; le coup de pied du sacristain et celui du cuistre se brisèrent sur un socle déjà de granit, pendant que dans sa barbe de marbre, Verlaine souriait à l'infini, l'air d'un Faune qui écoute sonner les cloches.


BIBLIOGRAPHIE

Paul Adam (1862).

Chair molle, 1885;—Soi, 1886;—Le Thé che; Miranda, 1886;—Les Demoiselles Goubert, 1887;—La Glèbe, 1887;—Être, 1888;—En Décor, 1890;—Essence de Soleil 1890;—Robes rouges, 1891;—Le Vice filial, 1892;—Les Coeurs utiles, 1892;-Princesses Byzantines, 1893;—Les Images sentimentales, 1893;—Critique des moeurs, 1893;-Le Conte futur, 1894;—L'Automne, 1894;—La Parade amoureuse, 1894;—Le Mystère des Foules, 1895;—La Force du mal, 1896; —Le Cuivre, 1896;—Les Coeurs nouveaux, 1896.

Tristan Corbière (1845-1873).

Les Amours jaunes, 1873; 2e éd., 1891.

Louis Dumur (1863).