Moi: C'est fini.

Elle: Non. Je vous aime. Je vous aimerai toujours, toujours, cher ami. Je vous aime assez pour vous permettre toutes les folies, même celle de vous marier avec une enfant; mais je vous aime trop pour vous abandonner jamais,—ni pour permettre que vous m'abandonniez jamais. Il y a longtemps que je vous aime, allez! Je vous guettais depuis des années. Or, je vous tiens, et mes bras sont de fer. J'ai vécu avec votre ombre un songe long et doux qui commence à se réaliser, mais il me semble que je rêve encore, et je ne veux pas me réveiller. Vous êtes ma vie, et je veux vivre. Je suis sûre de moi,—et de vous!

Moi: Mais je ne vous aime pas. J'ai voulu vous avoir; je vous ai eue; mon désir est passé.

Elle: Brutal!

Moi: Je vous répète que c'est fini.

Elle: Cela commence à peine.

Moi: Sottise! Vous n'avez pas la prétention de me suivre partout où j'emmènerai ma femme, je suppose?

Elle: Vous resterez près de moi, tous les deux.

Moi: Vous croyez peut-être que M. Bourdon vous gardera comme nourrice de ses petits-enfants!

Elle: O le malheureux qui ne sait pas que je suis la maîtresse du conseiller, et que demain je serai sa femme!