—J'allais chez Tanche, mais sans lui avoir promis. Il m'attend toujours. Il sait attendre, ni jaloux, ni inquiet. Tanche connaît la vie. Je l'aime beaucoup.
Elle n'osa pas en dire plus long. La bonne nouvelle était trop difficile à prononcer. Les mots nécessaires lui paraissaient un peu gros et comme en dehors de l'usage.
Alors, elle bavarda:
Le café lui donnait l'aisance qu'à d'autres femmes, leur salon. Elle ordonnait facilement sa tenue sur le velours rouge, droite, lente à défaire ses gants, à tourner ses poignets, attentive à ses bagues, à son jeu dans la glace lointaine.
Après des riens, elle s'inquiéta de Pascase.
—Il est très beau, cet ami de Diomède, il paraît fort et cordial. Pascase sera mon seul regret. Tous ceux que j'ai désirés, je les ai touchés, je les ai couchés—sur moi!
*
Elle rit et, moins grisée de vin que de ses rires et des souvenirs:
—Tous! Et quelques-uns furent difficiles à prendre. J'étais sentimentale, dans une robe sombre; sensuelle dans une robe claire; je faisais mon teint pâle ou rose, mes yeux b eus ou noirs... Et pendant que les marquises n'ont que des jockeys ou des valets, des musiciens ou des pontes, Mauve était l'amante du Parnasse...
—Et du Gymnase, ajouta Diomède.