—Je lui ai donné raison, je l'avoue; mais que puis-je faire? Mon métier m'ennuie, je méprise les hommes et les hommes me méprisent, tout en me craignant et en me désirant; alors je me penche vers les âmes neuves...

—Et les corps nouveaux...

—Cela me rafraîchit.

—Votre éventail aux mains d'Elian, c'était charmant.

—Et innocent.

—Cyrène, je vous connais. Elian s'endormira ici la tête sur votre épaule. Est-ce le même éventail?

—Le même, dit Cyrène en riant, le même et la même Cyrène.

*

Diomède n'ayant pas répondu, Cyrène reprit:

—Voici le complot. Sina va venir, vous le conduirez à Cyran, vous mènerez la conversation et vous ne vous tairez que lorsque Cyran aura accepté. Il y a là pour lui des années de travail, de joie, et presque une fortune. Stupide et vaniteux, Sina paiera ce que je voudrai. Ainsi je serai très bien vengée. Par moi et sans qu'il le sache, Cyran aura acquis plus de gloire et tout l'argent qui lui manque depuis qu'il a renoncé à faire des portraits et des tableautins. Vous approuvez?