Les pleurs mêlés aux cris des mourantes hosties.
Le silence et une soudaine nuit étaient les adorables témoins du sacrifice.
C'était une bien jolie jeune femme d'une chasteté toute chrétienne, mais habillée singulièrement et tout d'un coup demi-nue. Sa beauté était candide et sobre, monacale et aristocratique.
Diomède la rêvait une de ces nobles filles qui craintivement, mais sans rougir, tendaient à leur armant l'échelle de corde par-dessus la muraille du cloître. Histoires enfin presque toutes tragiques et si peu galantes! Sa règle, jadis, eût été d'aimer sans rien dire, de suivre son amour, au mépris du monde et de ne rendre compte qu'à Dieu de l'usage de sa vie. D'ailleurs ingénue et heureuse au fond de son cœur, quoique d'un bonheur dont personne, ni surtout ses amants n'auraient eu la confidence.
Ses fidélités duraient plusieurs mois, toute une saison, amours d'été, amours d'hiver, puis Diomède ne la revoyait plus que peut-être après une année, car elle avait des révolutions comme les astres et des manquements comme les comètes. Sans doute que sa chevelure dorée, pour des yeux qui la pleuraient, n'avait qu'une seule fois paru au ciel.
*
Christine allait arriver, entrer comme un regard par la fente de la porte.
Elle ne vint pas.
Diomède en eut du chagrin.
D'autres heures passèrent. Engourdi par la torture d'attendre, il avait peu à peu repris sa méditation. Déçu et affligé, il se trouva bientôt, irrité contre l'inclairvoyance de son désir et, une fois de plus, envieux de l'état des sages qui ont aboli en leur âme toute mondaine convoitise, telle que celle de boire en silence la beauté de la chaste Christine.