Il suivit pourtant, troublé, craignant la lâcheté de la chair, mais Cyrène, traversant la chambre sans hésitation, ouvrait déjà la porte dérobée. Diomède par instinct ou souvenir regarda vers le lit dont il connaissait bien la place; il était défait et, dans la pénombre, il crut voir une tête s'enfonçer dans l'oreiller. Alors en un accès d'hypocrite indignation—car lui, Diomède, aurait-il résisté aux bras violents—il s'emporta contre Cyrène et, à mi-voix, pendant qu'elle l'éclairait sur le palier.

—Cyrène, vous mentez à vos paroles. Qui est là?

*

Cyrène répondit froidement:

—Elian.

—Alors, tout ce que vous m'avez dit?

—Je ne me renoncerai que dans la sécurité de mon cœur.

—Sacrifiez cela.

—Diomède, je vous en prie.

—Mais pourquoi me donner ce spectacle et me forcer à un rôle absurde? Me voilà moraliste, à deux heures du matin, sur la troisième marche de l'escalier qui mène à l'alcôve. J'ai envie de rire... En effet, vous êtes libre, mais vous croire, Cyrène, vous croire!