Mes déductions sont certaines. C’est en regardant sa voix qui sortait de sa bouche et en faisait vibrer les lèvres que cette idée s’est imposée à moi. Comme elle leva la tête, je vis que l’origine des vibrations était dans la gorge,

Qui se gonflait ou se creusait légèrement à leur passage. Et je vis que la gorge se prolongeait et s’affirmait par des mouvements plus amples et plus sensibles ;

La poitrine certainement repose sur le ventre et tout va ainsi jusqu’aux pieds qui sont les siens. Il n’y a plus aucun doute dans mon esprit. Elle a un corps complet, essentiel.

II

Alors je résolus de remonter au commencement, car je sais qu’un corps a un sommet, une base, un milieu, des dimensions, une étendue dans l’espace. Mais quel est le commencement d’un corps ? Le haut, le bas, la droite, la gauche

Ou le milieu ? Le milieu d’un corps est toujours important. Le centre n’est jamais métaphysique. C’est au centre que s’élabore l’équilibre et du centre que partent les radiations. Mais si le milieu n’est pas le centre, ni la mesure,

Ni la genèse ? Si le corps est engendré par une de ses parties hautes ou une de ses parties latérales ? La symétrie des corps vivants et organisés

Est pleine de surprises. Je réfléchis. Si je me construisais d’abord un ensemble, d’un coup de crayon hardi, comme en ont parfois les maîtres ?

III

Je vois une tache lumineuse, irrégulière, semée de couleurs et d’ombres. Elle est d’un blanc nacré où se mêlent le rose et le jaune, et, tout à fait à la surface, velouté d’or, comme les ailes changeantes de ces beaux lépidoptères