O pourpiers de mon frère, pourpiers d'or, fleurs d'Anhour
Mon corps en joie frisonne quand tu m'as fait l'amour,
Puis je m'endors paisible au pied des tournesols.
Je veux resplendir telle que les flèches de Hor:
Viens, le kupi embaume les secrets de mon corps,
Le hesteb teint mes ongles, mes yeux ont le kohol.
O maître de mon cœur, qu'elle est belle, mon heure!
C'est de l'éternité quand ton baiser m'effleure,
Mon cœur, mon cœur s'élève, ah! si haut qu'il s'envole.
Armoises de mon frère, ô floraisons sanglantes,
Viens, je suis l'Amm où croît toute plante odorante,
La vue de ton amour me rend trois fois plus belle.
Je suis le champ royal où ta faveur moissonne,
Viens vers les acacias, vers les palmiers d'Ammonn:
Je veux t'aimera l'ombre bleue de leurs flabelles.
Je veux encore t'aimer sous les yeux roux de Phrâ
Et boire les délices du vin pur de ta voix,
Car ta voix rafraîchit et grise comme Elel.
O marjolaines de mon frère, ô marjolaines,
Quand ta main comme un oiseau sacré se promène
En mon jardin paré de lys et de sesnis,
Quand tu manges le miel doré de mes mamelles
Quand ta bouche bourdonne ainsi qu'un vol d'abeilles
Et se pose et se tait sur mon ventre fleuri,
Ah! je meurs, je m'en vais, je m'effuse en tes bras
Comme une source vive pleine de nymphéas,
Armoises, marjolaines, pourpiers, fleurs de ma vie!
Ensuite, Hubert rentra chez lui, vérifia quelques terminologies, se coucha.
Très accalmi, à la lueur d'une petite lampe, il lut la lettre de
Sixtine.
XXXIX.—LA CLEF DU COFFRET
«Figurez-vous que cette clef!… Nous poserons d'abord le coffret fermé entre nous deux, puis nous l'ouvrirons, puis nous verrons… Je voudrais qu'il ne contienne rien… rien du tout…»
GOETHE, Wilhem Meister, t. II, liv. III. ch. II.
«Nice, Vendredi.
Adieu.