—La règle est la règle, dit sentencieusement Rose, en réprimant les éclats d'un rire qui s'épanouit en silence dans son cœur.
«Elle n'est pas bête, la règle, songeait-elle. Je ne demande qu'à lui obéir, et je crois que nous serons toujours d'accord....»
A ce moment, M. Hervart se trouva devant eux, au détour d'une allée. Rose l'accueillit par un sourire heureux, un sourire d'une délicieuse franchise.
«Allons, se dit M. Hervart, il n'est pas encore mon rival. Mon rôle, en ce moment, est de faire l'homme sûr de lui-même, l'homme qui possède, qui domine, le seigneur au-dessus de toutes les contingences....»
Et il parla de sou séjour à Robinvast, du plaisir qu'il prenait au milieu de cette nature riche et désordonnée.
—Mais, dit-il, vous venez y mettre de l'ordre. Vous allez blanchir ces murs, gratter ces mousses et ces lierres, éclaircir ces masses sombres, enfin donner à M. des Boys un joli château tout neuf, avec un délicieux parc également tout neuf....
—Touchera mes lierres! s'écria Rose indignée.
—Et pourquoi cela? dit Léonor. Les lierres ne sont-ils pas la gloire des murailles de Tourlaville? Les lierres, mais c'est la seule beauté architecturale qu'on ne puisse acheter. A Barnavast, qui est à l'état de ruine, nous les respectons, chaque fois que le mur peut se consolider par l'intérieur. Restaurer, pour moi, c'est rendre au monument l'aspect que les siècles lui auraient donné si on avait veillé à son entretien. Restaurer, ce n'est pas remettre à neuf; ce n'est pas donner à un vieillard les cheveux, la barbe, le teint et les dents d'un jeune homme; c'est relever un mourant et lui donner la santé et la beauté de son âge.
—Oh! que je suis contente de vous entendre parler ainsi, dit Rose. J'espère que M. Lanfranc a vos idées?
—M. Lanfranc est tout à fait converti à mes idées.