—Silence sur tout cela, mon bon Hervart, n'est-ce pas? Et puis, je crois que le tête-à-tête a assez duré, vous seriez bien aimable d'aller les rejoindre.

M. Hervart, quoiqu'il eût assez d'impatience, s'enfonça lentement dans les méandres du petit bois sauvage. Pareil à Panurge, il se répétait mentalement:

«L'épouser? Ne pas l'épouser?»

Sa tête était une horloge dans laquelle un balancier oscillait infatigablement. Il s'assit sur le petit banc où, pour la première fois, il avait senti la tête de la jeune fille se pencher doucement sur son épaule. Il voulut réfléchir. «Je vais, se dit-il, prendre une décision.»

Dés les premiers pas de leur promenade, Léonor avait remarqué que Rose tendait l'oreille au moindre bruit.

«Elle l'attend. Il va arriver. Tant mieux. Je me soucie peu de cette petite fille. Nous sommes seuls. Plus de compliments. Je suis un architecte paysagiste aux ordres de Mlle Rose des Boys.... Oh! ce nom....»

Il regarda la jeune fille.

«Ce nom, eh bien, il n'est pas ridicule.... Il est moins ridicule qu'on ne le croirait.... Elle est si fraîche, elle a l'air si pur ... c'est curieux, ces êtres innocents qui passent dans la vie avec la grâce d'une fleur épanouie le long d'un chemin.... Mais faisons un peu notre métier.»

—Le goût du jour, Mademoiselle, incline vers le jardin à la française. Un certain compromis, du moins, est nécessaire, entre le faux naturel des parcs anglais et la rigidité des dessins géométriques....

—Dites votre compromis.