Devant lui, Robert aperçut une forme humaine, et, supposant bien que c'était Claude, il s'efforça de se raidir encore, pour ne pas trop révéler sa souffrance. Mais sa pâleur, l'espèce d'égarement et d'effarement de son visage le trahissaient si bien, que le jeune homme, en le voyant s'approcher, lui dit:
—Êtes-vous malade, monsieur?
—Si ce n'était que cela! répondit M. de Kérédol. Mais je pars, monsieur, je pars!
—Votre billet d'hier soir me l'apprenait. Vous me demandiez de venir. Me voici.
—Oui, répondit M. Robert en lui tendant la main, je vous remercie... Ayez la bonté de m'accompagner. Je vous expliquerai... mais, pas ici...
—Volontiers, monsieur. Vous n'avez personne pour porter votre valise?
—Plus bas, je vous prie, je ne veux pas qu'on se doute... non, monsieur, je n'ai personne.
—Alors, permettez-moi de vous aider, dit Claude.
Il prit une des poignées de la valise, et tous deux, s'écartant un peu l'un de l'autre pour partager le poids, se mirent en route. M. de Kérédol marchait d'un pas mal assuré, du côté que longeait le mur, la tête à demi tournée vers les branches, qui appuyaient leurs dentelures mouillées parmi les mousses poilues et les pariétaires. Après quelques mètres, il s'arrêta.
—Écoutez! dit-il.