—N'est-ce pas, monsieur? dit Thérèse, en considérant, d'un air d'admiration, ce bel officier qui parlait littérature. Je n'ai rien lu qui me plût autant. Il y en a un, surtout...

—C'est que nous avons chacun nos préférences, interrompit madame Maldonne, avec une certaine vivacité, résultat sans doute de discussions antérieures. Moi, j'aime par-dessus tout le conte des Vieux. L'aimez-vous, monsieur?

—Beaucoup, madame.

—C'est si touchant!

—Moi, fit M. Maldonne: Les Aventures d'un perdreau rouge. Exact, mon cher monsieur, écrit par un chasseur. Vous l'aimez aussi, celui-là?

—Je le crois bien! Et vous, mademoiselle?

Les Étoiles! répondit-elle en relevant la tête, d'un mouvement souple et fier, vers la bande de ciel de la fenêtre.

Aucune étoile n'apparaissait encore. Mais on eût dit qu'elle les voyait toutes, tant il y avait de clarté dans le regard qu'elle détourna ensuite vers Claude. Elle ne posait pas. Elle ne simulait rien. Un des mots qu'elle aimait, un de ceux qui ont de l'infini, lui était monté aux lèvres. Et cela suffisait pour qu'elle fût émue.

Claude reprit:

—Et pourquoi ce conte mieux qu'un autre, mademoiselle?