—Un jour enfin, triste, l'écuyer se présenta devant la châtelaine, et lui annonça qu'il n'y avait plus de vivres, que les plus vaillants de la garnison étaient morts ou blessés, et qu'il fallait se rendre. Alors...

Un petit soupir, le soulèvement léger d'un cœur que le songe habite, avertit Robert du succès de son histoire. La tête de la jeune fille, tout inclinée à gauche, était à moitié dans la lumière et à moitié dans l'ombre.

—Alors, dit Robert en haussant la voix, il arriva que Thérèse Maldonne s'endormit, en écoutant l'histoire de son parrain!

Elle se redressa vivement, et, souriante, avant même de pouvoir ouvrir les yeux:

—Oh! pardon, fit-elle. Je crois que je dormais! C'était pourtant bien joli, les pariétaires, les mousses, le fumeterre du donjon!

—Il y a longtemps que nous n'en étions plus là, ma pauvre Thérèse!

—Tu meurs de sommeil, dit madame Maldonne, sur le visage de laquelle, à la moindre alerte, une ombre d'inquiétude maternelle passait.—J'ai peur que tu ne te sois fatiguée, tantôt, avec cette treille...

Thérèse fixa les yeux sur ceux de Robert pour y lire son pardon, qui s'y trouvait, d'ailleurs.

—C'est fini, dit-elle en passant la main sur ses paupières.

—Non, répondit Robert. Allez recommencer là-haut. Les enfants doivent se coucher de bonne heure.