—Je vais vous révéler un secret. N'ayez jamais l'air de le savoir: Maldonne ne vous le pardonnerait pas! Il a réuni la plus merveilleuse collection d'oiseaux qui soit peut-être en province.

—Je le sais.

—Pourtant il en manque un.

—Lequel?

—Un seul, d'une espèce évidemment rare, difficile à se procurer, puisque Maldonne, en vingt ans de chasse, n'a pas réussi à le tuer.

—Oh! dites, monsieur Lofficial, demanda Claude, l'œil brillant, déjà prêt à se mettre en route, dites son nom! Où la trouve-t-on? Est-ce très loin?...

—Attendez, répartit doucement le bonhomme. Je ne vous aurais pas lancé sur une proie impossible. Je possède, sur le bord de la Loire, un petit bien, les Luisettes.

—Et c'est là?

—Attendez donc! Devant, il y a un marais couvert de saules et de roseaux. Même en été, il y reste un peu d'eau. Moi, je ne suis pas chasseur du tout. Mais j'ai si bien le temps de me promener! Eh bien! ce que je n'avais pas dit à Maldonne, parce que le seul amour de l'art ne me déciderait pas à faire tuer une jolie bête, je vous le confie à vous, pour l'amour de Thérèse. Mon cher ami, dans mon marais, je sais positivement qu'il existe un couple de...

Il se pencha, mit ses mains en tuyaux: