—Michel, je vends Fonteneilles!
—Vous vendez!... Fonteneilles!... vous?...
—Je t'ai dit de t'asseoir et tu t'es relevé. Assieds-toi, et écoute. Je ne le mets pas en vente; je le vends; ce n'est pas la même chose. Je l'ai même vendu... Ne m'interromps pas!
—Mais, je ne puis pas ne pas vous interrompre: c'est indigne!
Michel était pâle, et ses deux mains tendues serraient le bois de la table.
—Indigne! qu'est-ce que je vais devenir?
—En effet, c'est une question. Je m'y attendais. Nous y viendrons tout à l'heure. Mais, écoute-moi... Écoute-moi donc! Et ne pâlis pas comme tu fais!... Est-ce à un homme que je parle? ou à un enfant?
Une voix mâle répondit, et la fenêtre elle-même vibra sous le choc des mots.
—A un enfant, mon père, qui souffre, et qui a déjà beaucoup souffert par vous!
Épuisé par la contrainte qu'il s'imposait pour ne pas crier toute sa douleur, Michel se renversa sur un fauteuil, et baissa la tête.