—Je ne me plains pas... Je pensais au temps où tu seras mariée.
—Moi, je ne vois pas si loin que vous. Vous seriez contente?
—Pas trop: je n'ai que toi. Mais, tout de même, tu as l'âge...
—Vingt-deux ans, oui, bien sonnés, et puis?....
—Tout le reste: un courage de Parisienne, un métier, une frimousse, des dents blanches... Ah! oui, qui en veut des perles, vrai collier, deux rangs, pas une fausse!
—Mais, maman, il n'y a que les messieurs qui n'épousent pas qui les admirent! Quelles idées vous avez ce soir, en effet!
Dans le fond de la chambre, Evelyne riait, et ses dents blanches mettaient un peu de lumière dans l'ombre. Il y avait les marges blanches d'une gravure et une statuette en ivoire, haute d'un doigt, qui luisaient de même. Evelyne, assise sur une chaise basse, avait posé sur sa robe et abandonné aux plis de l'étoffe ses mains qui luisaient aussi, très vaguement. Elle dit,—et madame Gimel devina que sa fille ne riait plus:
—Alors, votre pressentiment de mariage n'est fondé sur rien?
—Sur rien.
—Est-ce curieux! J'en ai un tout pareil à vous offrir. Aucune raison, et le cœur en voyage. C'est le mois qui veut ça.