M. Piédouche n'avait aucune envie de discuter le Raphaël. Il descendit, et il allait prendre congé de madame Prunelier, lorsque la porte de la maison s'ouvrit, et M. Prunelier entra comme un coup de vent, grand, déhanché, le chapeau sur la tête. Les deux yeux de M. Prunelier vivaient éloignés l'un de l'autre, ce qui lui donnait un air farouche. Il fixa l'un d'eux sur le banquier, et son regard demandait: «Qu'est-ce que ce monsieur? Huile? Crayon? Simple badaud!»
—Monsieur vient de visiter notre galerie, répondit sa femme.
M. Prunelier leva les épaules, outré sans doute de s'être arrêté si longtemps pour un bourgeois, poussa du poing la porte du salon, et disparut en criant:
—J'ai à te parler, Valentine!
Puis, quand il fut seul avec elle, accourue et attentive, dans la salle à manger attenante au salon, il lui dit, toujours tragique:
—Valentine, il y a une exposition des beaux-arts à Châteaulin!
Elle devina la pensée inexprimée du maître. Quelque chose de douloureux et d'attendri passa sur son visage, et, voulant être sûre, elle dit:
—Eh bien, Félix?
Il était encore théâtral quand il répondit:
—C'est une décision. Je l'exposerai. Je veux le vendre. Ne me le défends pas!