Le sommet des coteaux, vers Louannec, se dorait au soleil déclinant. Nul bruit ne venait du dehors, pas même celui de la mer. La respiration de Marie-Anne et de son fils, régulières, se répondaient comme un battement d'ailes.
Tout à coup, un pas sonna dans la cour. Corentine se pencha. Le père! c'était le père qui traversait la place! Il courait! Des gens couraient derrière lui; ils disaient: «Mon Dieu! est-ce possible! Est-ce possible!»
Toute pâle, au bout de la chambre, Corentine l'écouta monter. Et Guen entra. Le pauvre vieux tremblait de tous ses membres. Il était comme égaré. Il approcha, sans bruit, du lit où Marie-Anne dormait. Il se mit à genoux.
—Marie-Anne? murmura-t-il, ma petite fille?
Elle ne bougea pas.
Il prit la main allongée sur le drap, la main rousselée de sa mignonne, et la caressa.
—Marie-Anne?
Elle ouvrit les yeux, et fixa sur lui son regard morne de désespérée.
Mais, presque aussitôt, ses paupières se soulevèrent davantage. Elle voyait le père pleurer et sourire. Elle le voyait incapable de parler. Une angoisse la prit. Elle ouvrit la bouche. Elle se redressa brusquement, ses bras raidis sur le drap, se tendit en avant, et tout ce qui lui restait de vie passa dans un cri:
—Dites! dites!