—Non, le bateau, je vous en prie!
—C'est que...
—Pourquoi pas? Il y a longtemps que vous n'avez canoté, grand-père, je suis sûre que vous en avez envie?
—C'est que, répondit le bonhomme, ravi au fond, c'est que le canot n'est guère en état, je n'ai pas fait sa toilette...
—Bah! nous nous passerons de toilette. En mer! grand-père, en pleine mer!
Il secoua la tête, d'un air content:
—Les jeunesses, fit-il, faut bien leur céder, pour qu'elles vous aiment!
Simone se coiffa d'une casquette de laine blanche, d'où sortaient ses cheveux roulés. Il fallait les voir tous deux, côte à côte, longer le quai tournant qui mène à la jetée. Le soleil les enveloppait. La joie commune rendait le capitaine alerte et droit comme un jeune homme. Il se sentait bonne mine, sous le regard des baigneurs qui n'ont rien à faire, et suivent volontiers des yeux tout passant qui se hâte. Intimement il comparait ce départ avec ses départs habituels, quand Marie-Anne l'accompagnait, lourde et si souvent accablée par l'ennui. Elle était légère, cette petite Simone. Et comme elle marchait! Comme un mousse, en vérité, oui, comme un mousse qui va aux crabes.
—Je ne te savais pas si marine, dit Guen, en pointant déjà son regard sur le canot immobile dans le flamboiement de la mer, au pied du môle.
—Moi! j'adore l'eau. A Jersey, je suis allée plusieurs fois en excursion. Je connais tous les noms de voiles: grande voile, misaine, foc, bonnettes, perroquets.