—A quoi bon?

—Mais à vivre, mon enfant!

—Pour qui? fit-il, en soufflant une bouffée de fumée sur les plantes enlacées.

Au ton dont cela fut dit, elle sentit qu'elle avait touché le fond du mal. C'était bien ce qu'elle supposait. Cependant il n'avait pas eu d'entrevue avec madame Corentine, non, rien de nouveau, elle en était sûre. L'ancien souvenir seulement, contre lequel elle avait tant lutté.

—Mettons que ce soit pour moi, Guillaume.

Il la regarda, de son œil doux et voilé.

—Ma pauvre maman, il nous faut si peu! Puisque cela va encore!...

Il ajouta, en reprenant sa contemplation vague en avant:

—Si j'avais eu près de moi mon enfant, oui, j'aurais voulu mieux faire, j'aurais eu de la force.

—Voyons, Guillaume, dit la vieille femme en s'animant, vous ne comprenez donc pas que cela vous serait utile à vous-même, un effort, utile pour oublier? Vous ne réfléchissez pas! Car vous l'avez eue, votre fille, pendant quatre ans, un mois par an, selon les termes du jugement. Est-ce que, au lieu d'être une joie, ce n'était pas une épreuve de plus?