— Garde, retirez-vous ! dit M. Le Bidon.

M. Maunoir aîné avouait avoir placé tout son capital mobilier « en viager ». Il ne s’excusait pas, d’ailleurs, et donnait la Jodelle, les meubles « sans aucune exception ni réserve », à la ville de Romorantin, sa cité natale.

M. Le Bidon reçut très mal le coup, et jura, comme autrefois, quand un de ses ouvriers lui gâchait un collier. Son cohéritier ne dit rien d’abord. Il était pâle ; il domptait la rancune que l’autre avait lâchée. Après un moment, il fit un signe de la main.

— Tais-toi, Bidon, dit-il ; ce qui nous arrive est une aventure commune : les hommes héritent toujours les uns des autres, mais jusqu’à la dernière heure, on ne sait pas quel aura été le bénéficiaire, des vivants ou du mort. Nous nous sommes trompés. Il y a eu une erreur sur la personne. C’est lui qui a hérité tout le temps !

Je viens de suivre l’enterrement de M. Maunoir aîné.

XXVIII
L’ORCHIDÉE OURAGAN

— Petit, la nuit n’est pas sûre, veille bien !

— Oui, monsieur Parémont.

— Assure-toi que les portes des serres sont toutes fermées ; je crains des sautes de vent : les étoiles ont le regard insolent, ce soir, entre les nuages.

— Oui, monsieur Parémont.