— Je veux dire : les soirs que je ne passerai pas avec toi.

— Où iras-tu? ces soirs-là, mon chéri?

— Mais là où j'ai l'habitude d'aller…

Elle le regarda sans plus rien dire. Il n'ajouta d'ailleurs pas un mot. Elle constatait que ses trois semaines d'absence et de vie sur le port lui avaient réussi. Évaporée la rancune, motif unique de son absence!…

Nulle mémoire en lui des agissements de « la bande »! Et il fut évident, dès le premier soir, que Jean-Marie avait surtout envie de retourner à la brasserie.

Élise elle-même lui en donna le conseil. Elle lui dit :

— Je suis fatiguée… fatiguée!… Je vais tâcher de dormir de bonne heure.

Jean-Marie ne se fit pas prier ; et il retourna près de ses amis, à la brasserie, comme si, entre eux et lui, rien ne s'était passé.

Élise se coucha de bonne heure, mais, malgré sa fatigue, dormit mal. Ce n'était plus le tumulte de la soirée qui se continuait à ses yeux, c'était l'acte tranquille de son ami, qui, revenu de Granville où il s'était réfugié pour apaiser son sang bouillant, retournait sans arrière-pensée à ses habitudes…

De tous les difficiles efforts tentés pour modifier ces habitudes, rien donc ne demeurait ; rien, sinon ceci : qu'elle-même, Élise, se trouvait engagée dans une voie nouvelle, non voulue par elle, certes! et qui lui déplaisait.