Ce n'était qu'une manière d'attirer Élise, qui, embarrassée, ne voulant pas paraître se désintéresser d'un malheur qu'elle eût pu causer, après tout, se laissait entraîner dans une maison nouvelle où le secrétaire du commissariat ne se trouvait point.
— Et Romuald? demandait alors Jean-Marie, car l'aventure commençait d'avoir pour lui l'intérêt d'un roman-feuilleton.
Un jour que Jean-Marie était venu prendre son amie pour l'emmener déjeuner, et que tous deux, coude à coude, suivaient le quai menant au Pont-Neuf, Élise se trouva nez à nez avec un jeune homme qui, au milieu d'une foule d'employés, semblait sortir de la Belle Jardinière. Elle sursauta et saisit le bras de son amant.
— Qu'avez-vous? dit Jean-Marie.
— Mais… c'est Romuald! dit Élise.
Romuald l'avait reconnue et saluée sans donner, par ailleurs, aucun signe d'émotion.
Élise se remit promptement et dit :
— Il y a une mauvaise farce là-dessous.
Enfin Jean-Marie s'amusait! Il eût voulu, sans souhaiter le moindre ennui à Élise, que l'aventure n'eût pas de fin.
Mais Violette des Bruyères, à qui le fil de l'histoire n'avait pu échapper et qui regrettait d'être privée d'Élise, saisit l'occasion de rentrer en ses bonnes grâces. Elle vint sonner à sa porte une après-midi, la trouva seule chez elle et lui confia qu'elle ne pouvait se résoudre à ne plus la voir.