— C'est dommage!

Il fut alors sur le point de lui dire qu'ils n'étaient pas mariés. Après quoi, tout eût été facile : Élise, sachant à quoi s'en tenir, les accueillerait ou non. Oui, mais s'il lui déplaisait de les accueillir? Et il ne dit rien. Il eût pu, par contre, pousser Élise vers le but qu'il souhaitait d'atteindre en entamant l'éloge soit de la jeune femme, soit de Saulieu. Mais rien de tout cela!

L'heure s'écoulait. Il était visible que, dans la salle du restaurant, les deux couples, seuls, étaient là « en partie », et décidés à dîner bien.

Aux autres tables, des clients habituels, appelant maître d'hôtel et garçons par leur prénom, causant familièrement avec le patron, déjà réglaient leur addition.

Élise, qui avait bu du champagne, eut une idée juvénile :

— Nous allons rester seuls, eux et nous, dit-elle.

Et cette constatation simplette la fit sourire. Jean-Marie était abasourdi, mais troublé encore.

Le moment vint, en effet, où les deux tables, seules, demeurèrent occupées. Il fallait parler très bas pour qu'on ne s'entendît point de l'une à l'autre. Alors le cœur de Jean-Marie se reprit à battre avec excès ; et celui d'Élise aussi, mais pour un motif différent.

— Si je n'étais pas avec toi, dit Élise, tu leur parlerais…

— Évidemment!