— Et comment se fait-il, demanda Élise, que vous quittiez un si joli nid pour aller vous attabler le soir dans une taverne, avenue de l'Opéra?
— Mais il faut bien voir du monde! répondit Clara.
Elle ne faisait d'ailleurs point difficulté pour reconnaître que son ami, qui aimait follement dénicher un bon objet et se le procurer, le contemplait peu dès qu'il l'avait mis en place. Saulieu, fort occupé, ne venait guère là, d'ailleurs, que la nuit : il déjeunait au restaurant, y faisait venir Clara pour dîner, et ils restaient l'un et l'autre à la brasserie jusqu'à une heure avancée de la nuit.
— Cependant, m'avez-vous dit, vous vous ennuyez, à la brasserie? observa Élise.
— Je m'ennuie, oui, mais encore moins là qu'ailleurs, parce que c'est plein de gens et que ça remue…
— Mais vous avez dit aussi que vous préfériez passer la soirée chez quelqu'un plutôt qu'à la brasserie?
— Ça, c'était d'abord parce qu'il s'agissait de chez vous ; ensuite parce que c'était du changement.
— Vous avez besoin de changement?
— J'aime surtout, voyez-vous, que Saulieu ne s'ennuie pas, parce que, s'il s'ennuie, je m'ennuie.
— Avec une charmante amie comme vous, un si joli intérieur?… Que les hommes sont exigeants!