—J'ai vu un perroquet… un beau perroquet vert qui faisait comme ça:
«Bonjour! bonjour! ah quel beau temps! mais qu'il fait donc beau!…»
—Mais non! interrompait Gillonne, ce n'est pas ça qu'il disait; il disait: «Voilà qu'il pleut… Sacré pays de chien!…»
—Tais-toi! faisait Gilles; laisse parler ta sœur. Et d'abord: avez-vous vu le même perroquet?
—Non, dit Gillette, puisque je n'étais pas dans le même pavillon…
—Si, dit Gillonne, puisque mon perroquet était tout vert comme le sien!
—Voyons! entendons-nous; vous a-t-on séparées l'une de l'autre?
Sur ce point, on finit par s'accorder, quoique les deux récits parallèles fussent encombrés de détails. Mais on en vint à un certain moment qui semblait hors de débat, et c'était celui de la séparation, attendu que l'une des sœurs était passée du premier pavillon dans le second, tandis que l'autre n'avait pas fait ce voyage. La difficulté, qui s'expliqua par la suite, venait de ce qu'on n'avait point pris l'enfant par la main pour la faire sortir du premier pavillon et la conduire au second, mais qu'on l'avait priée de s'engager en des escaliers et des couloirs. Il en résultait que les pavillons communiquaient entre eux par quelque galerie souterraine.
Une fois séparées, par les soins d'une femme de chambre, elles avaient été l'une et l'autre enfermées dans une belle pièce où un perroquet, sur sa tige de bois, répandait le chènevis à plus d'un pas à la ronde. Et le perroquet de Gillette disait, ou à peu près, entre autres choses: «Qu'il fait donc beau!» tandis que celui de Gillonne disait: «Quel sacré temps!»
Ensuite on les avait priées de prendre un bain. Puis, par les soins de la femme de chambre, toutes deux s'étaient vu peigner et friser.
—Et après? leur demandait-on.