—… pous'ra pas!

—L'épous'ra!

—… pous'ra pas!

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Le lendemain, qui était le jour de l'An, nous fîmes je ne sais combien de sottises dans le corridor aux vitres de couleur et dans l'escalier conduisant chez mesdames Desblouze. Le vent était à l'indulgence, et il venait chez madame de Saint-Quenain des visites qui la retenaient au salon avec Radegonde.

Nous étions dans l'ombre du corridor, à chaque coup de sonnette, le corps tapi dans une embrasure, le nez seul dépassant le plan de la muraille, lorsque nous reconnûmes la voix de madame de Porcheton qui demandait madame Desblouze, et celle de la bonne qui indiquait le petit escalier. Nos deux têtes s'avancèrent, mues par un même ressort, et nous vîmes un monsieur qui entrait derrière madame de Porcheton et gravissait la première marche de l'escalier; c'était le «jeune homme», le «monsieur», le «type», l'«homme marié», le «bigame», disait cet animal de Raoul.

En un clin d'œil, nous prîmes connaissance du personnage. Il était grand; c'était un assez bel homme; mais comme il avait les cheveux gris, nous autres, à seize ans, nous le trouvions un peu vieux; il portait une jolie moustache; il avait incontestablement très bon air.

Nous nous mîmes à imaginer l'émotion, là-haut, au second, après le coup de sonnette, quand Armande «le» reconnaîtrait.

Nous attendîmes, l'oreille au guet, que la visite fût terminée. Elle fut courte, étant, comme il convenait, toute de cérémonie. Au premier bruit, nous étions à notre poste d'observation. Une!… deux!… nos têtes se penchèrent, nous croyions que nos yeux nous sortaient de l'orbite. Cette fois nous vîmes le monsieur en pleine lumière, car c'était lui qui ouvrait la porte de la rue; il tenait son chapeau haut de forme à la main, il était vêtu d'une pelisse; il laissa sortir madame de Porcheton, se couvrit et monta lestement les trois marches.

Nous étions disposés à le trouver «très chic».