—Tout de même, tu t’aiguillais bien, je suppose, vers une direction déterminée?
—Mon cher, il y a une carrière qui mène à tout. Autrefois, on disait que c’était le droit; aujourd’hui, c’est le journalisme.
—Tristan de Mélisande!...
—Tu as vu mon pseudonyme?
—Heu... heu...
—Tu m’obligerais, si tu l’as vu, en me disant dans quel endroit... Oh! ce n’est pas pour moi! C’est pour mon père. Quand un journal parle de moi, je le lui envoie avec le passage souligné au crayon bleu; il est si heureux! Ne ris pas, c’est une douce manie à lui. Mon nom imprimé le flatte; il fait circuler la remarque chez ses amis, au cercle. Ah! c’est à Vendôme que je suis célèbre!... Mais, au fait, qui t’a dit que Tristan...?
—C’est ton père... un mot sur une carte.
—Tu vois! il ne peut pas se tenir d’apprendre à tout le monde que son fils a un nom dans la presse. Je m’aperçois que c’est par sa carte seulement que tu connais mon pseudonyme?
—Je lis si peu!
—Ah! mon pauvre vieux, qu’on a de mal à se répandre!... Ils sont là un tas de bonzes et de sinistres farceurs qui tiennent tout; c’est le canon qu’il faudrait pour les déloger!