—Je t’avais dit à Paris, Prosper: «Le père Potu m’a l’air d’un bonhomme qui ne s’en laisse pas conter.»
—Qu’il ne s’en laisse pas conter, quand en effet on lui en conte, soit; mais lorsque la réalité sera là, il faudra bien qu’il la touche.
—Après ce qu’il t’a dit, tu espérerais?...
—Je n’espère pas: je suis certain. Quelle tête tu as, mon bon Francis!
J’allai prendre congé de M. Quinqueton. Quatre mots de son fils avaient suffi à panser les contusions reçues au cours de l’algarade Potu. M. Quinqueton dirigeait son regard vers le vaste ciel de l’espérance. Barbiche à part et cheveux blonds, il ressemblait étonnamment au portrait du poète inspiré, jadis enclos dans le placard aux confitures. Nous devisâmes un petit quart d’heure. Quant à lui parler de ses affaires du Saumurois, ce pourquoi j’étais venu, la seule pensée, triste et mesquine, m’en parut ridicule, tant elle était en désaccord avec la grandeur des projets que roulaient ici les cervelles.
Mᵐᵉ Pacaud, rassérénée aussi, me souhaita bon voyage en passant. Et, d’un œil malin et satisfait:
—Vous voyez bien! dit-elle.
Prosper vint me reconduire à la gare. Au bas de mon compartiment, la main au gousset, il bredouilla:
—Je ne te rembourse pas aujourd’hui, bien entendu. Parti de Paris... argent de poche... n’est-ce pas?
—Ne parlons pas de cela!...