—Le fils d’un ouvrier, d’un simple petit ouvrier...

—Ah! ah! faisait-on, vous voici dans un beau pays, mon gaillard?...

—Un beau pays, oui, m’sieu...

Et Grenouilleau, anxieux, semblait attendre, regardant peu le pays, reluquant toute voiture au passage.

On lui disait: «Ah! de la poussière, par exemple!» Et Grenouilleau, que la poussière ne gênait pas, avouait: «Je cherche de l’œil si, des fois, je ne connaîtrais pas quelqu’un.»

—Mais vous êtes en bonne compagnie, j’imagine?...

—Pour ça, je ne dis pas non!... faisait Grenouilleau en riant d’une oreille à l’autre.

Et l’excursion en automobile continua jusqu’à Cannes, où Mᵐᵉ Bullion avait une ou deux visites à faire. Mais, cette fois, dans la voiture, Grenouilleau dormit innocemment, sans vergogne, et à fond, comme un petit enfant. On n’osa seulement pas le réveiller pour lui montrer la Croisette. M. et Mᵐᵉ Bullion allèrent à leurs devoirs et dirent au mécanicien: «S’il s’éveille, menez-le visiter la rue d’Antibes et le port; nous irons à pied vous rejoindre là».

Ils vinrent, en effet, à pied, les rejoindre là, une bonne heure après, environ, et trouvèrent la voiture devant un débit de vins où Grenouilleau et Pfister buvaient à la santé du mécanicien d’une famille anglaise, un nommé Robiot, dont Mᵐᵉ Bullion entendit parler, pendant le trajet du retour, à en bâiller elle-même, à son tour, à en dormir aussi, à la fin.

—Eh bien, mon garçon, demanda-t-on à Grenouilleau, au dîner, êtes-vous satisfait de votre première journée dans le Midi?