—Je n’accuse personne, dit-il; il y a sans doute plus pauvre que moi...

—Plus pauvre, ce n’est pas une raison pour vous prendre votre chien, que diable!... Mais comment un chien de la force de Baladin ne s’est-il pas défendu?

—L’animal a son faible, comme l’homme: Baladin, monsieur, c’était un chien à se laisser séduire par la gourmandise...

—Les traiteurs, le long de votre trajet?... Mais ne pouvez-vous faire une enquête dans les gargotes?

—Ce n’est pas les traiteurs qui m’ont pris Baladin.

—Mais on dirait que vous savez qui c’est?...

—Je n’accuse personne... Ah! si j’avais seulement vingt années de moins, et si je n’avais pas eu mes malheurs!...

—Père Loriot, vous savez qui vous a pris Baladin!

Ah! le satané bonhomme, avec sa circonspection et sa servilité, qu’il était donc agaçant aussi! Il détourna la conversation et me parla du barbet qu’il était allé acheter aux Batignolles, pour trois francs; encore le chien avait-il la gale.

Sur le cas de Baladin, il désirait ne pas s’étendre.