Madame d’Oudart pensait, mais ne disait pas:
«Avocat, fût-ce à Poitiers, cela vaut bien le métier de gratte-papier au ministère!...»
Alex ne se fit point tirer l’oreille pour retourner à Poitiers, tandis qu’à le décider au premier voyage, «la croix et la bannière» avaient dû être employées. On le laissa aller; il demeura là-bas une quinzaine.
Thurageau écrivait:
«... Laissez-le, il écoute bien, il s’instruit, il prend le ton de la cour.»
On reçut un télégramme: on crut qu’Alex annonçait son retour. Il disait:
«Puis-je accepter dîner Nouaillé?»
Cela fut un événement. Si familier que l’on fût devenu avec les noms de MM. Lanteaulme et des arrière-petites-filles du général marquis de Quatrespée, l’image d’Alex, héritier, futur propriétaire de Nouaillé, chassé de son domaine, et rompant le pain des occupants, parut inadmissible au premier chef. Le refus, toutefois, parut ridicule. A mieux l’examiner, la chose était la plus naturelle du monde. M. Lhommeau, quant à lui, dit:
—Qu’a-t-il besoin de permission?
Puis, la mère—qui devine le sens obscur des choses touchant le sort de son fils—tressaillit tout à coup, fut émue sans pouvoir dire pourquoi, voulut répondre non, voulut répondre oui, et finit par laisser le grand-père libre de répondre à sa guise. M. Lhommeau prit son chapeau, sa canne et alla au bureau télégraphique du Luxembourg, où il écrivit sur une formule: