—Les poiriers?... demanda M. Lhommeau.

—Les poiriers?... eh bien! écoutez, grand-père: cet imbécile de Jeannot n’a pas manqué d’informer les Lanteaulme de votre goût pour vos arbres à fruits... alors voilà...—ils sont très gentils, ces gens-là, vous savez...—enfin ces dames m’ont demandé s’il vous serait agréable de recevoir une corbeille, au mois d’août...

—Qu’as-tu répondu? dit vivement madame d’Oudart.

—J’ai répondu que cela ferait le plus grand plaisir à grand-père.

—Bravo! s’écria M. Lhommeau.

—C’est cela! fit madame d’Oudart, ironique; jetons-nous, les yeux bandés, dans les bras de ces gens-là!...

—Attendez! dit Alex. Monsieur Lanteaulme, le père, a fait remarquer qu’il pouvait, justement, y avoir indiscrétion à vous offrir cette corbeille, et il a été convenu qu’on ne vous l’enverrait que sur un signe de votre part.

—Ça y est!... Que vous disais-je! s’écria madame d’Oudart; l’envoi de cette corbeille a un sens, un sens très net; je l’ai deviné tout de suite... Déjà l’invitation à dîner adressée à Alex avait un sens, lui-même l’a bien senti: c’est pourquoi il a cru devoir nous demander la permission... Ah! j’avais bien raison de me méfier!... Et je vous dis, moi: non! non et non! Il faut étouffer cette affaire-là dans l’œuf.

—Étouffer quelle affaire?...

—Je m’entends. Voyons, mon enfant, sérieusement: cette jeune fille, à ton avis, comment est-elle?