—Ma bonne! ma bonne! qui vous parle d’infamie? Voyons! je vous dis simplement: «J’aime autant ne point recourir à ce procédé, parce qu’il n’est pas prouvé qu’il soit indispensable...» Après un second échec, nous verrons...
—Eh bien! nous verrons après un second échec!... Prenez acte, toutefois, de ceci, ma chère, que je vous ai offert le «procédé»,—puisque procédé il y a,—qui était en mon pouvoir.
L’influente amie était piquée! Par bonheur, madame d’Oudart comprit qu’une telle femme, interrompue en son bel élan tutélaire, ferait une chute mortelle si, bon gré mal gré, l’on ne secondait sur l’heure l’envie qu’elle avait de faire valoir ses moyens. Hilaire Lepoiroux, pour une fois, fut utile aux Dieulafait d’Oudart: qu’il est donc aisé de solliciter pour qui ne porte pas votre nom!...
—Vous concevrez, dit-elle, que je ne veuille user de votre crédit qu’avec une certaine discrétion, car j’aurai trop d’occasions d’y recourir...
Ces paroles convenaient à madame Chef-Boutonne.
—Il est naturel, dit madame d’Oudart, de s’occuper de ceux qui ont des besoins plus pressants que les nôtres... J’avais à vous parler, ma chère amie, de mon jeune protégé, Hilaire Lepoiroux...
Elle exposa le cas d’Hilaire. Obtenir une bourse pour l’infortuné et intelligent étudiant serait une bonne action.
—Mais, dit madame Chef-Boutonne, les bourses s’obtiennent au concours!
—Sans doute!... Mais vous ne me ferez pas croire que si vous juriez d’y mettre la main...
—Oh mais! oh mais!... ce n’est pas si aisé!