XIX

La prochaine réunion chez le professeur et madame Denis tombant la veille de l’examen, madame d’Oudart supplia son fils d’y manquer et de consacrer cette soirée à récapituler ses matières. Il y consentit, à la condition qu’on invitât le Grec, qui l’interrogerait, l’égaierait, l’empêcherait de s’endormir sur ses bouquins. Le Grec vint, interrogea, égaya et se retira fort tard, en disant avec son doux zézaiement et la connaissance qu’il avait des familiarités du français:

—Le diable m’emporte, madame! il est fiçu de passer!

Madame d’Oudart, qui acceptait toutes les libertés de langage, sourit, sans grande foi, mais eut, à cause de cette parole, la nuit meilleure.

Elle était sortie, le lendemain matin, pour entendre la messe à l’intention d’attirer les faveurs célestes sur l’épreuve que devait subir son fils, lorsque celui-ci, rue Férou, en subit une assez inattendue.

Avant huit heures, la bonne entra précipitamment dans la chambre d’Alex et dit:

—Monsieur, sautez vite: c’est une dame qui veut vous parler, à vous, pas à Madame!

—Une dame? fit Alex, somnolent encore.

—Une belle dame, dit Noémie, en dessinant des courbes devant sa poitrine.

Il s’habilla nonchalamment, et pénétra dans le salon. Il y reconnut Raymonde, et fut stupéfait.