—Il a dû juger l'accueil ici assez froid, dit madame Bertin: je fais le pari qu'il ne s'y risque pas de nouveau.

—Oh! oh! s'écria quelqu'un, vous ne connaissez pas Vérancourt! C'est un de ces gaillards qu'un accueil glacial excite. Il reviendra ici jusqu'à ce qu'il y ait triomphé.

—En ce cas, puisque notre chère Sabine a la bravoure de l'affronter, je lui demande de ne pas manquer un seul de mes jours; on verra bien qui triomphera!

—Il n'y a pas une seule personne, parmi les amis et amies de cette maison, dont les sympathies, Sabine, n'aillent entièrement à vous.

—Pas une! non… sauf celle que Vérancourt se sera juré de séduire.

—Il faudrait supposer que celle-ci fût bien sotte, étant donné tout ce qu'on sait de lui aujourd'hui!

On chuchotait autour de la table, chacun stupéfait qu'on pût parler si librement devant Sabine. Mais, décidément, Sabine ne bronchait pas. Elle-même osa parler:

—Vous savez, dit-elle, avec qui il vit?

—Oui.

—Mais savez-vous de quoi il vit?