Au bout de l'allée une douzaine de marches descendaient à la porte marine: on pouvait par là se rendre à la pêche!…
—C'est un paradis, fut-il déclaré, d'un commun accord, avant même que l'on n'eût vu le potager.
Or ce paradis contenait par surcroît un potager! Il n'est pas de potager ordinaire; le plus pauvre d'entre eux est exquis. Celui-ci était le classique, l'idéal potager avec la pompe et les bassins, avec les très vieux poiriers à chaque angle, avec les cordons de pommiers nains, dans l'allée principale, les contre-allées étant bordées d'oseille, les unes, et les autres de thym et de ciboule; le potager à l'odeur d'oignon, de chou, de rave et de persil, le potager avec ruches d'abeilles, le potager avec brugnons en espalier et beaux chasselas encore durs qui deviendront transparents puis dorés en septembre et qu'il faudra disputer aux guêpes, le potager avec lézards sur la muraille!
—Tu vas commencer ton roman tout de suite! s'écria Sylvie.
—Pourquoi? demanda Jérôme.
—Pour que nous puissions ne rien faire après.
* * * * *
Mais Jérôme commença au contraire par ne rien faire. Tout était trop bon, trop beau; on n'a pas idée de faire travailler un homme qui a le moyen de louer une maison comme celle-ci.
—Le fait est, dit Sylvie, que si on louait à l'année…
—Et si on envoyait au diable la rue Henri-Martin et le Bonheur à cinq sous…