Ces dames s'adonnent à de petits travaux d'aiguille ou de crochet, quelques-unes à la lecture, tout en causant et en scandant de la tête le rythme de morceaux d'opéras très connus.

—Et votre charmante jeune fille ne vous accompagne pas aujourd'hui, mesdames?

—Edith est au tennis ainsi que son petit frère. Oh! on ne manque pas l'occasion d'une partie!

—D'autant moins que l'un de ses partenaires est, si je ne me trompe, un fort joueur…

—C'est un champion, madame, paraît-il. Il condescend à se mesurer avec
Edith qui n'est qu'une raquette très ordinaire; et elle en profite.
Outre l'exercice physique qui lui est bon, elle apprend…

—Oh! elle n'en a guère besoin, car il faut que ce monsieur apprécie son jeu pour renoncer à ses excursions en montagne: c'est aussi un alpiniste fameux…

—Vous le connaissez, madame?

—Personnellement, certes non! Mais qui n'a entendu parler de lui! Plût à Dieu qu'il n'eût accompli que des excursions et remporté des victoires que dans les matches!…

—Ah! ah! mais… Et où en a-t-il remporté d'autres?

—Mon Dieu!… ici même et en maint endroit… Remarquez, madame, que je ne dis point cela pour nuire à ce jeune homme… Je n'ai rien vu, je n'ai été témoin de rien: il passe pour un don Juan. Un point, c'est tout.