—Lesquelles? D'abord, sais-tu combien mon mari a eu de liaisons avant de m'épouser? Le sais-tu?

—Je ne tiens même pas à le savoir. Qu'importe le nombre? Tu savais bien que tu n'épousais pas un chérubin!...

—Oui, mais il m'avait avoué un certain nombre. Eh bien! au cours des discussions que nous avons continuellement depuis quelque temps, j'ai appris de sa propre bouche qu'il m'avait trompée...

—Depuis ton mariage?

—Non, avant. Je veux dire que le chiffre confessé par lui n'était pas exact. Et j'ai eu des noms, des noms. Veux-tu que je te les cite?

—Dire que voilà où aboutissent les querelles conjugales! à déshabiller, devant nous, de pauvres dames sans doute aujourd'hui grisonnantes, repenties et vieillissant dans les honneurs! Tu as fait de plus graves découvertes, j'imagine?

—Une année, il a fait de très mauvaises affaires; il me l'a caché; il m'a affirmé qu'il en avait fait d'excellentes; il s'est endetté pour dix ans.

—Eh bien! Il a payé ses dettes en faisant des affaires meilleures!

—Il est vrai, car c'était dans les premiers temps du mariage. Mais songe un peu au bord de quels précipices j'ai pu passer sans m'en douter; quels abîmes j'ai pu côtoyer que j'ignore encore...

—Toutes les vies sont plus ou moins accidentées: tu as près de toi un gaillard qui te tient fermement par la main, voilà ce qu'il y a de précieux dans ton cas.