—En quoi vous importe ce détail? Ce n'est pas la première fois qu'une femme embrasse en même temps que l'homme qu'elle aime tout ce que celui-ci peut aimer!
—Ce n'est pas la première fois; mais, dans le cas présent, cela m'intéresse.
—A votre aise, Bernereau! J'en reviens à la question posée par M. de Soucelles et qui correspond à ce qui, moi, m'intéressait le plus dans l'affaire: effectivement, nous voyions trop peu Hélène des Gaudrées. Mais, soit aux repas, soit ailleurs, quand elle ne regardait pas son mari, la voir, seulement la voir, était, je l'avoue, un délice. Le son de sa voix aussi m'enchantait; ses formes me remplissaient d'admiration; et il n'y avait pas jusqu'à son regard, même avili par l'usage qu'elle en faisait, qui ne me causât un sombre ravissement...
—Le cousin sportif, lui, à tout cela, était indifférent?
—Vous devinez qu'au cours de nos nombreuses sorties en voiture et de nos déjeuners dans les auberges, je n'allai point sans faire part à mon compagnon des attraits exercés sur moi par sa cousine. Il me dit:
«—Vous êtes comme les freluquets qui bourdonnaient autour d'elle avant son mariage.
«—Elle a dû être fort courtisée?
«—Énormément!
«—Comme vous dites cela! En seriez-vous étonné?
«—Moi, me répondit le vicomte, ça m'a toujours paru drôle, vous comprenez, parce que j'ai joué avec elle gamine...»