—Un pour la ville, l'hôtel, la promenade, sous le «bouffant», dit-il à sa femme, en rentrant; et à présent, si tu tiens à faire prendre des bains à ta fille, étant donné le costume que l'on porte aujourd'hui, tâche qu'elle s'adapte la seconde paire et vous ait l'air d'être un peu là!...

—Mais...

—Voulez-vous marier votre fille, madame Cantonnier, oui ou non?


[LA NIAISERIE]

A Jacques Boulenger.

—Et surtout, Emma, s'il est une chose contre quoi je tienne à te mettre en garde et que j'ose même t'interdire d'une manière absolue, c'est de te laisser lire dans la main. Cette manie de vouloir connaître l'avenir autrement qu'en le préparant soi-même par toutes les mesures qui, à mon avis, forcent la destinée, est lâche, est imbécile; personnellement, je la trouve répugnante: elle me met hors de moi. Sans compter que cette prétendue science est de la niaiserie. Vois-tu bien, ma petite, le seul malheur que l'on doive redouter, c'est celui qui est causé par la bêtise humaine, par notre propre stupidité.

—Comment se fait-il, Eugène, que tu t'échauffes à ce point-là contre ce qui n'est, de ton propre aveu, que de la niaiserie?

—Parce qu'il y a des quantités de gens qui prennent cette niaiserie au sérieux, et que cela peut suffire à troubler un cerveau, à bouleverser une famille!... Suppose qu'une chiromancienne, cartomancienne, somnambule ou autre toquée du même acabit, t'annonce ta mort prochaine!...

—Oh! il paraît que l'on n'annonce les choses désagréables que sur demande expresse...