—C'est mademoiselle Hubertine la Hotte qui attend la fin de notre conversation pour demander à son bon docteur une petite consultation amicale...

Et se tournant vers M. de Jallais:

—Tout Néans nous écoutait.

XXXI

MM. de Jallais, père et fils, vinrent aux Veulottes, à la tombée du jour, pour un dîner d'adieu.

Il y avait entre eux une grande gêne, à cause de ce qu'ils portaient en commun, et qui les brûlait davantage à mesure qu'ils approchaient de madame Durosay. À la vérité, le conseiller général y eût éprouvé une émotion sans amertume, si le moral de Septime n'eût été si profondément affecté. Décidément, ce garçon avait pris «l'aventure» tout à fait au sérieux. Était-ce à trouver une pareille figure que la lettre, un tantinet gaillarde, narrant l'épisode du Mont-Revard, avait préparé le pauvre papa? Hélas! la forfanterie qui suit la première heure d'amour, se peut-elle donc ainsi muer, en un temps si court!

—Allons, gros bêta! tenons-nous, sacrebleu! disait M. de Jallais le long de la route. Et il eût été heureux de causer «à cœur ouvert» avec ce «grand vilain garnement».

Septime, pour qui cette entrevue dernière était un supplice, avait retenu son père toute la journée, aux préparatifs du départ; il avait refusé la voiture, mise à leur disposition, et fait annoncer qu'il préférait se rendre à pied à la campagne. Et ils avaient quitté Néans le plus tard possible.

Ils cheminaient côte à côte. Le cœur de Septime avait trop besoin de s'ouvrir pour le pouvoir faire aisément et toute parole lui était douloureuse comme un contact sur une plaie. M. de Jallais sifflotait. Septime attendait qu'apparut l'épais bouquet d'arbres où la maison des Veulottes se cachait. Il apparut à une distance de deux kilomètres sur la pente d'une colline et dans l'instant même que la route pénétrait sur la terre de Saint-Pont.

Septime tendit la main vers la touffe de verdure lointaine, isolée dans le reste de la campagne insignifiante, et qui contenait le monde, et, la désignant à son père, il dit: